Castlevania : Symphony of the Night : « You too are immortal ? »
Rédigé par Laem Rinkee | Test réalisé pour le jeu : Castlevania : Symphony of the Night
Intitulé Akumajô Dracula : Gekka no Yasokyû au Japon, cet épisode de la saga mythique de Konami librement inspirée de l'œuvre de Braam Stocker est la suite directe de Dracula X sorti sur NEC quelques années plus tôt. Il subit lors de sa sortie l'ombre de celle de Final Fantasy VII le même mois sur le même support (en Europe tout du moins), se contentant plus d'un succès d'estime que d'un carton commercial. Petite mise au point sur ce chef-d’œuvre vidéoludique.
Critique de l'histoire, du scénario
L'histoire est donc la suite directe de l'épisode sorti sur NEC dans lequel Richter Belmont avait débarrassé une fois de plus la Transylvanie du cruel Comte Vlad Tepes. Changement radical dans la série, vous n'incarnez plus un Belmont ni même ne portez de fouet, cette fois vous incarnez Alucard (anacyclique de Dracula), le fils de Dracula en personne, ayant déjà fait une apparition dans la série longtemps auparavant. Plusieurs années après la (énième) mort du célèbre vampire, Richter disparaît et des monstres commencent à se manifester dans la région décidément maudite. Allié des humains, Alucard s’était enterré dans une crypte pour l'éternité après la mort de son père, il y a trois cents ans, pour que le monde ne subisse pas sa malédiction du fait de son côté vampirique. Mais suite aux récents événements, le semi-vampire décide de se réveiller de son long sommeil et d'aller faire le ménage dans le château de son père, Dracula, qui semble avoir réapparu, chose étrange car il ne peut en principe pas être ressuscité avant cent ans.
Charismatique comme un dieu : de longs cheveux blancs, le teint pâle et noble, l'air posé, des vêtements d'un noir majestueux et armé d'une épée, vous foncez donner une leçon à votre incorrigible géniteur, pour autant qu'il soit à l'origine de tout ça. N'en révélons pas davantage sur le scénario. Sachez tout de même qu'il est le premier à être d'une telle densité dans cette série et qu'il propose quelques rebondissements assez surprenants et des fins alternatives (trois en tout) en fonction du taux de complémentarité du jeu (déterminé par le pourcentage de zones visitées, d'objets trouvés etc.).
Le Gameplay
Le gameplay reprend comme à l'accoutumée une action en temps réel et une vue 2D de profil, mais marque un virage déterminant par rapport à ses prédécesseurs. En effet, le titre se rapproche sensiblement de l’A-RPG en intégrant un système d'expérience, d'inventaire, d'équipements, d'utilisation d'objets et même de magies via des manipulations. Tout cela s'intègre globalement très bien au jeu et l'enrichit énormément, lui conférant une liberté jamais ressentie dans la série. Le revers de la médaille est le fait que l'on cherche beaucoup moins à trouver la faille dans les mouvements des monstres et autres boss afin d’en venir à bout comme on pouvait le faire dans le temps. On est tenté de se contenter d’accumuler un maximum d'expérience et de foncer dans le tas par la suite, ce qui rend le tout évidemment trop bourrin et de surcroît trop facile techniquement. Cependant, ce petit défaut est vite compensé par l'immensité des lieux, ce qui vous donnera du fil à retordre sur des heures d'exploration. Si l'intégralité de la quête se déroule dans le château, celui-ci est gigantesque et l'on s'y perd rapidement. Le terrain regorge de trésors et l'on est constamment amené à revenir sur ses pas pour récupérer des objets jusque là inaccessibles. Enfin, le jeu n'est pas linéaire pour un sou, l'ordre de progression étant très libre.Le visuel, les graphismes
L'ambiance de Castlevania : Symphony of the Night est baroque, glauque et oppressante. Vous croiserez ainsi des squelettes, des fantômes, des chauves-souris, des chimères, des harpies, des guerriers maudits et plein d’autres monstruosités, le tout dans des décors d'une finesse, d'une beauté et d'une diversité à couper le souffle, redorant le blason de la 2D pour l'une des toutes dernières fois sur console de salon. On alterne ainsi entre le majestueux, le rustique et le sinistre. Le tout est accompagné de musiques tout simplement exceptionnelles et inoubliables, se mariant à la perfection avec l’atmosphère du jeu, finissant par propulser le titre au rang de référence intemporelle, bien qu’il le soit devenu trop longtemps après sa sortie. Toutefois, son succès d'estime lui vaudra de servir de base à la programmation des épisodes GBA qui reprennent un mode de progression et un système de jeu similaires, juste retour des choses.Au final, Castlevania : Symphony of the Night s'est imposé en son temps comme l'opus le plus abouti de la série, et l’est sans doute encore de nos jours. Devenu presque introuvable, le jeu a fait une apparition sur Saturn et plus récemment sur le Xbox Live (NDLR: ainsi que le PlayStation Network), en proposant de nouvelles zones ainsi qu'un personnage jouable supplémentaire.
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