Grandia III, le clou d'un morne spectacle

Critique de l'histoire, du scénario



Malheureusement, les Grandia n’ont jamais brillé pour leur scénario et celui-ci ne déroge pas à la règle en nous proposant une histoire (trop) classique.
Vous incarnez un jeune homme tout juste sorti de l’adolescence qui n’a pour seul but dans la vie que de devenir pilote d’avion. Accompagné de son meilleur ami, tous deux s’efforcent depuis des années à fabriquer leur propre coucou.
Enfin le jour J est arrivé, et notre jeune héros décide de s’envoler pour la première fois au beau milieu de la nuit, abandonnant au passage sa mère et ses amis de son doux village natal. Lors de son ascension, il perd le contrôle de son appareil et s'écrase au milieu de la forêt bordant son village.
Après avoir fait quelques pas, il fait la rencontre d’Alfina qui se trouve être poursuivie par des soldats. Par la suite, elle vous explique être la dernière descendante du peuple capable d’invoquer les quatre dieux élémentaires qui pourront sauver la Terre d’un terrible cataclysme. Voilà bien un scénario qui a été revisité maintes et maintes fois, mais à défaut d’être efficace, il est d’un ennui soporifique. Si seulement...

Le Gameplay



Vous rêviez d’un monde vaste dans lequel vous auriez pu courir librement dans les infinies prairies légères et féeriques de Grandia III ? Eh bien il est difficile de prendre du plaisir hors des combats dans ce soft… A l’inverse d’un Jules Verne avide de recherches et de découvertes, vous vous retrouverez dans la peau d’un vulgaire mouton suivant une ligne toute tracée, ne vous laissant de surcroît aucune possibilité de liberté. Le contexte est simple, vous êtes le point bleu, votre objectif est un point rouge, votre route la ligne verte : suivez le guide ! Peut-on simplement être content lorsqu’un carrefour s’offre à nous ? Non, car obligatoirement, l’autre route ne nous mènerait qu’à un c*l-de-sac pour attraper un trésor.
A défaut de liberté, on serait en droit de penser que les personnages pourraient tous offrir une histoire intrigante et qu’ils seraient dotés d’une personnalité travaillée… En l’occurrence, hormis un héros attachant et une héroïne crispante, on croirait presque que les autres protagonistes sont arrivés là totalement par hasard. De plus, comme toute l’histoire tourne autour d’Alfina, les développeurs n’ont apparemment pas jugé nécessaire de s’étaler sur qui que ce soit d’autre. Dès lors, l’on se retrouve face à une équipe dont on ne sait quasiment rien, résumant parfaitement l’ennui et la frustration que l’on peut éprouver à certains moments et qui ne pourront être apaisés que par la beauté des décors…

Le visuel, les graphismes



En effet, Grandia III est l’un des plus jolis RPG de la PlayStation 2, cela ne fait aucun doute. Certains décors sont époustouflants de détails, de couleurs et de magie, et il est certain que leur splendeur saura vous obnubiler pendant plusieurs minutes. Malheureusement, et comme toujours dans Grandia III, on se retrouvera aussi bien devant de véritables œuvres d’art à la Van Gogh que face à une toile peinte par mémé un dimanche après-midi : désespérément vide.
L’irrégularité est vraiment l’un des défauts majeurs du soft, tant passer de l’un à l’autre est irritant et la modélisation des personnages n’est pas là pour arranger le tout. Entre le dessin d’un visagiste aveugle et une caricature, la différence est mince et on croirait que les différents protagonistes ont été calqués sur leurs modèles. Mis à part le héros, les autres membres de votre équipe ont été la cible de l’humour de développeurs manchots et sont d’une grossièreté affligeante. Il est juste de penser que le character designer a dû brûler de rage tant ses dessins originaux étaient soignés et classieux.



Clairement, il n’y a que deux choses qui vous scotcheront à votre pad : certains décors sublimes et… les combats ! Et c’est bien ce qui a fait la notoriété des Grandia. Jamais des combats n’ont été aussi prenants et dynamiques. Au fur et à mesure que vous avancez, vous n’avez qu’une seule envie : trancher du monstre ! Les ennemis sont visibles à l’écran et les surprendre par derrière vous donnera l’avantage de frapper en premier. Le système est simple : en bas de l’écran se trouve une sorte de « roue » sur laquelle les visages de vos personnages et ceux des monstres sont représentés. Cette roue se divise en trois parties : la zone d’attente (ou vous attendez d’entrer la commande pour chaque personnage), la zone d’attaque (ou vous entrez l’action de vos héros) et la zone de repos (légère période de transition entre la fin d’une attaque et la zone d’attente). Je vous assure que ça va vite, car ces trois zones se déroulent à une vitesse folle. C’est une méthode novatrice et dieu que c’est bon lorsque vos personnages s’unissent pour effectuer des combos dévastateurs. Dans Grandia III, tout ce qui se rapporte au combat a été travaillé avec soin.



Hormis les grands classiques comme l'achat d’armes, d’accessoires et d’objets cher à tous les RPG, il vous est aussi proposé d’acheter vos magies et d’en faire fusionner certaines pour en obtenir de nouvelles, bien entendu, d’un niveau supérieur. Mais attention, il ne faut surtout pas procéder n’importe comment ; la mauvaise fusion de deux magies peut très bien vous en engendrer une minable. Ce n’est pas aléatoire, heureusement, mais ce sera à vous d’être un minimum logique et d’en comprendre le fonctionnement.
Décrire ce Grandia III n’est pas une mince affaire, on ne peut pas dire qu’il soit ni bon, ni mauvais. Extrêmement irrégulier, paradoxal sur certains points, ce nouvel opus reste toutefois agréable à jouer si on évite d’y passer plus de quatre à cinq heures d’affilée, par peur d’overdose. Sa linéarité fera fuir les hardcore gamers et laissera sceptiques les autres, mais on trouve pourtant matière à dire que le système de combat et la beauté des décors valent à eux seuls le coup d'œil.
Que va donc devenir Grandia ? Devenu depuis le deuxième épisode beaucoup trop bâclé et linéaire, il est évident que si la saga continue sur cette lancée, il n’y aura plus que les fans absolus pour l'acheter, tandis que les inconditionnels du premier se les feront prêter, au lieu de se risquer à un mauvais investissement. Mais comme pour chaque nouveau volet, on espère un miracle qui redorera le blason de la série qui, pourtant, à une époque, a connu la gloire.
Notation

Scénario (détails) :


Grandia III propose de vivre une aventure tellement banale que la plupart des joueurs l’oublieront aussitôt terminée.

Gameplay (détails) :


Prendre le jeu en main est d’une simplicité enfantine et le système de combat est aisément accessible, moyennant tout de même une bonne connaissance de la langue de Shakespeare vu que le jeu n’est pas sous-titré. Soulignons de plus la grisante linéarité et le manque d’évolution depuis le premier opus.

Visuel (détails) :


Si les décors étaient tous aussi splendides et détaillés, nul doute que Grandia III se serait hissé en haut de l’échelle. Déséquilibré, personnages fades et grotesques... Une déception malgré quelques maigres qualités rencontrées par-ci par-là.

Son (détails) :


Les musiques sont irrégulières comme le reste du jeu. L’on se retrouve à entendre des horreurs qui nous feraient presque regretter le format MIDI, tandis que certaines pistes enchantent par leur mélancolie et leur entrain. Les bruitages ne sont quant à eux pas convaincants pour un sous, on les oublie aussitôt tant ils passent inaperçus et ne collent pas toujours bien à l’action.

Durée de vie (détails) :


On peut dire merci aux développeurs, car là, ils ont pensé à nous : la trame principale ne vous prendra pas plus d’une malheureuse trentaine d’heures et avec les quêtes annexes... Ah pardon, il n’y en a pas !

Note finale :

4/10 - Raté

Détails du jeu Version testée : NTSC-U/C
Menus : Anglais
Textes : Anglais
Voix : Anglaises
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