Resident Evil, les origines d'un mythe
Rédigé par Dangerous Man | Test réalisé pour le jeu : Resident Evil
Lors de sa sortie, en été 1996, Resident Evil a méchamment éclaboussé le monde du jeu vidéo. Considéré par beaucoup comme le jeu qui a permis à Sony de prendre véritablement son envol face à la Saturn, il est le résultat d'une inspiration géniale de la part de Capcom, décidant de pousser le concept élaboré dans la série : Alone in the Dark d’Infogrammes. S'appuyant sur une fabuleuse réalisation et une mise en scène hollywoodienne, le premier opus de cette longue série s'est très vite hissé au rang de jeu culte. Autopsie du monstre.
Critique de l'histoire, du scénario
Depuis quelque temps, d'étranges rumeurs se répandent dans la paisible ville de Raccoon City. De nombreux cadavres ont été retrouvés dans une partie montagneuse de la ville ; apparemment, les victimes ont été mutilées puis dévorées. Le gouvernement décide donc d'employer les grands moyens en envoyant sur place un commando spécial d’interventions top secrètes. Ce groupe spécial de l'armée américaine se nomme : S.T.A.R.S. (Special Tactics And Rescue Service). Il se décompose en deux équipes sous-traitantes : l'équipe Alpha et l'équipe Bravo. Cette dernière est envoyée en éclaireur sur les lieux mais quelques heures après le début de l'opération, tous les contacts avec l'équipe sont coupés. En urgence, l'équipe Alpha est également envoyée sur les lieux afin d'élucider l'affaire et de retrouver les membres de l'équipe Bravo. Les deux protagonistes du jeu se trouvent dans ce groupe de secours : Chris Redfield, tireur d'élite, et Jill Valentine, experte en bidouillage. Très vite, l'équipe Alpha se rend compte que l'hélicoptère de leurs collègues s'est écrasé et qu'apparemment, il n'y a pas de survivant mais d'atroces cadavres déchiquetés. Soudain, un monstre féroce les attaque, une espèce de chien mutant, qui surprend Joseph, l’un des membres de l’équipe, et le dévore sous les yeux de ses partenaires qui prennent la fuite au lieu de l'aider. Suite à une course-poursuite haletante avec la bête, les survivants du massacre se réfugient dans un gigantesque manoir isolé et enseveli sous la brume épaisse. C'est à ce moment précis que votre faible marge d'intervention sur le scénario intervient pour la première fois. En effet, suivant que vous choisissiez Chris ou Jill, le déroulement de la quête diffère sensiblement. Notre équipe de commandos aurait sans doute mieux fait de ne pas ouvrir la porte d'entrée de cette sinistre bâtisse car ils viennent, malheureusement, de débuter un cauchemar maléfique duquel il sera très difficile de se réveiller. Désormais, votre but est donc simple : trouver une issue à cette demeure diabolique et surtout vous en sortir vivant et sans conteste, c'est loin d'être gagné !
Le Gameplay
Comme nous le rappelions plus haut, Resident Evil n'a rien inventé et s'est très largement inspiré d'un classique du PC créé par l'équipe française d'Infogrammes : Alone in the Dark. En effet, le concept du « Survival-horror » à la sauce action-aventure 3D ne date pas d'hier et il faut bien reconnaître qu'à l'époque où le jeu est sorti, en dépit d'un succès amplement mérité auprès des connaisseurs du monde du PC, il n'avait pas marqué les mémoires du grand public, mais est-ce réellement un mal ? Sur le plan marketing, la réponse est évidente puisque la sortie d’Alone in the Dark 2 sur les deux consoles 32 bits du marché a été un bide monumental ; mais était-ce réellement surprenant compte tenu du retard technique qu'avait le jeu, face au hit de Capcom dont la sortie fut antérieure en import (Bio Hazard en japonais) et de sa conversion imminente en version officielle. Mais arrêtons un peu la nostalgie en parlant de l'ancêtre car il est évident qu'on peut crier haut et fort : « Le roi est mort, vive le roi ! ». Car le nouveau roi du genre se prénomme Resident Evil et il sera énormément difficile de le détrôner. Pour commencer, les ingrédients qui ont fait la force de son prédécesseur sont ici présents avec des dizaines de trouvailles en parallèle. Ingrédients anciens certes, mais quel lifting ! Plans de caméras judicieux, personnages principaux modélisés en 3D temps réel, ambiance macabre, énigmes bien ficelées qui illustrent parfaitement le subtil mélange action/réflexion, inventaire précis avec cartes à l'appui et bien d'autres encore. Tous ces aspects développés avec panache dans Alone in the Dark sont ici poussés à leur paroxysme grâce à une réalisation qui laisse entrevoir les énormes capacités de la PlayStation. On peut presque parler de révolution du genre plus qu'une évolution, tant le nouveau-né terrasse sans scrupule son grand frère.Revenons maintenant sur le choix du personnage au début du jeu qui s'avère être capital dans l'aventure et la fin que vous découvrirez. D'une part, le niveau facile : Jill, la jeune fille bien sous tout rapport avec la démarche et les quelques poses qui vous feront miroiter ses charmes de... tueuse ! Et d'autre part, le niveau difficile : Chris, le mec viril. Dès le début du jeu, votre choix sera important puisqu'avec Chris, par exemple, vous démarrerez avec un simple couteau de guerre pour vous défendre et Barry ne sera pas présent dans le hall du manoir. En d'autres termes, avec Jill, on vous mâche tout le boulot, ou presque. Puristes et chevronnés, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Attention toutefois car le jeu se révèle vraiment coton au niveau difficile et les situations extrêmes comme devoir se faire un zombie au couteau faute de munitions, ou encore être en manque d'objets de soin ou de rubans d’encre (à utiliser sur machine à écrire pour sauvegarder) sont monnaie courante. En fait, vous allez très vite vous en rendre compte, le jeu joue la carte de la survie sur tous les fronts et de ce fait, tout vous est limité et compté (sauvegardes, munitions, objets dans l'inventaire...). Il n'y a pas de place pour le gâchis. Pas de panique inutile toutefois, car un système de coffre très judicieux est à votre disposition pour stocker vos objets et les ressortir quand bon vous semble. De plus, un joueur d'un niveau moyen terminera le jeu sans aucun souci, la difficulté étant dans l’ensemble constante.
Outre de nombreux combats que vous livrerez face à de multiples monstres, tous aussi hideux les uns que les autres, une foule d'énigmes à résoudre de difficulté et d'intérêt très inégaux vous sera proposée. Cela peut aller de la simple pièce à ranger bêtement dans un trou jusqu’à l'élaboration d'un virus avec des produits chimiques, en passant par la mémorable énigme des tableaux à remettre dans l'ordre. C'est un aspect très développé et omniprésent dans le jeu, bien qu’assez facile d’accès. Tous les fans de Myst viendront à bout des énigmes de Resident Evil sans sourciller.
Par ailleurs, la partie exploration est évidemment importante et il vous sera indispensable de visiter pratiquement chaque pièce du manoir pour voir le bout du jeu. A ce propos, la jouabilité pose quelques soucis par moments notamment à cause de la mauvaise gestion des caméras, mais passé la première heure de jeu, on s'y fait et le maniement du personnage devient dès lors très instinctif. Pour finir, sachez que contrairement aux apparences, la principale richesse de Resident Evil ne réside pas dans ses graphismes et son animation pourtant exemplaires, mais dans son ambiance. En effet, les développeurs sont de véritables sadiques et ont tout fait pour vous faire flipper et sursauter d’effroi. Ames sensibles s'abstenir donc. Resident Evil est une pure réussite. En s'inspirant d’un compère souvent resté dans l'ombre, Alone in the Dark, Capcom a réussi le tour de force de donner un second souffle au concept forgé par Infogrammes grâce à une excellente réalisation, qui met en évidence l'énorme potentiel de la console de Sony. Au delà de ses graphismes fantastiques, le jeu dégage une ambiance tout à fait unique et nouvelle pour un jeu vidéo, il fait peur et vous fera certainement trembler ! Ne manquez sous aucun prétexte « l'expérience » Resident Evil, il serait vraiment dommage de passer à côté d'un tel monument.
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